Ecotoxicité des antiparasitaires : optimisation de l’usage des formes pharmaceutiques de l’ivermectine et de ses analogues

usage formes pharmaceutiques ivermectine

Ecotoxicité des antiparasitaires : optimisation de l’usage des formes pharmaceutiques de l’ivermectine et de ses analogues

L’ivermectine est un médicament très utilisé dans monde pour traiter les nématodes gastro-intestinaux chez les animaux d’élevage. Elle est aussi largement utilisée en médecine humaine. Les recherches d’INRAE et de ses partenaires ont porté sur les efficacités et inconvénients de trois formulations d’ivermectine, ce qui a conduit à des améliorations réglementaires importantes en France et à l’étranger.

L’ivermectine est avec ses analogues actuellement le médicament le plus utilisé au monde pour traiter les nématodes gastro-intestinaux chez les animaux d’élevage. Elle est aussi largement utilisée en médecine humaine. Son efficacité à très faible dose, sa rémanence, son spectre d’action élargi (également acaricide et insecticide), et sa faible toxicité chez l’hôte, en font un antiparasitaire révolutionnaire au moment de son lancement sur le marché des médicaments vétérinaires dans les années 80.
Pour mettre en œuvre les traitements anthelminthiques avec l’ivermectine, on peut recourir à trois présentations différentes : la solution injectable par voie sous-cutanée ; le « Pour-On » , liquide  appliqué sur le dos de l’animal, passant par voie transcutanée ; et le bolus, sorte de gros comprimé conçu pour diffuser de façon prolongée dans l’estomac des ruminants (rumen).
Les recherches d’INRAE et de ses partenaires ont porté sur les efficacités et inconvénients de ces trois formulations d’ivermectine, ce qui a conduit à des améliorations réglementaires importantes en France et à l’étranger.
Les travaux de d'INRAE sur l’ivermectine ont été déclencheurs pour prendre en compte l’écotoxicologie dans les dossiers d'AMM. Ainsi, l’arrêt de l’utilisation du bolus SR par retrait de son AMM a supprimé le rejet massif et de longue durée de l’ivermectine par voie fécale, et ses effets négatifs sur les écosystèmes en particulier ceux, très fragiles, des estives en montagne.
La prise en compte et l’évaluation dorénavant obligatoire de l’écotoxicité dans les dossiers d’AMM des médicaments vétérinaires est un progrès d’importance sur le long terme.
Des études menées dans les conditions du terrain, prenant en compte le comportement social des animaux, ont montré leur intérêt et sont désormais acceptées en alternative ou en complément de celles conduites traditionnellement selon les bonnes pratiques de laboratoire. C’est ainsi que la prise en compte du léchage des animaux entre eux a permis de réviser l’évaluation réglementaire de l’ivermectine appliquée sur le dos et finalement absorbé par voie orale.
Grâce à ces recherches, la médecine animale a contribué à la santé humaine. C’est le seul cas dans ce sens. Le développement de l’ivermectine en médecine humaine a été nourri par la recherche en santé animale. Le corpus de connaissances sur l’animal alimenté par INRAE a été déterminant et, concernant notamment la forte rémanence de la molécule, qui permet une prise orale unique ou tous les 6 mois par les habitants des villages africains exposés à des parasitoses tropicales endémiques.

→ Voir le rapport

→ Lien vers HAL

Date de modification : 28 août 2023 | Date de création : 20 juillet 2021 | Rédaction : Michel Alvinerie, Pierre-Louis Toutain, Sylvie Colleu